Histoire du karaté

 

De nombreux facteurs ont permis le développement du karaté :

  • les nombreux échanges commerciaux entre Okinawa et la Chine ainsi que le lien de vassalité qui reliait les rois d'Okinawa à la Dynastie chinoise ; de ce fait, de nombreux habitants de l'île sont partis étudier un art martial chinois, puis, de retour, l'ont adapté en l'incorporant à leur propre art martial ;
  • L'installation sur l'île d'Okinawa, dans le village de Kumemura, de trente-six familles chinoises dans le but de faciliter les échanges culturels et commerciaux entre cette île et la Chine ;
  • Le karaté s'est sans doute également développé sur l'île d'Okinawa en réaction à l'interdiction faite par les Japonais aux Okinawaïens de porter et de posséder des armes (après l'annexion au XVIIe siècle de l'archipel par le Japon et l'installation du clan Satsuma en 1609). Ainsi, les Okinawaïens utilisèrent leurs mains en guise d'armes.

Du XVIIe siècle au XIXe siècle, du fait que la pratique de cet art était interdite par l'occupant japonais, les cours avaient lieu en secret, de nuit dans des jardins fermés. Au milieu du XIXe siècle c'est Maître Funakoshi qui introduisit le karaté en 1922 sur l'archipel japonais en réalisant une démonstration devant l'empereur du Japon.

En 1901, l'introduction du karaté comme "matière" devient obligatoire dans le cursus scolaire d'Okinawa. Un examen officiel est créé devant les autorités d'État japonais.

En 1935, il fut décidée l'adoption du terme de "Karaté" (dans le sens de "main vide") par l'assemblée générale des "Grands Maîtres d'Okinawa".

Le développement des techniques et pédagogiques du karaté et leur enseignement s'est fait grâce à plusieurs grands maîtres.

Mais c'est son fils qui fut à l'origine du style tel qu'on le connaît désormais. Ce style est considéré comme l'un des plus puissants; les coups de poings sont directs, les coups de pieds bas et les katas sont longs.

Cependant une scission est apparue avec la JKA (Japan Karaté Association) en raison de plusieurs désaccords notamment quant aux adaptations sportives liées au karaté de compétition que Funakoshi père exécrait.

On peut donc dire qu'il existe plusieurs courants shotokan, le versant traditionnel étant représenté entre autres par Tsutomu Ohshima (la famille Funakoshi lui à d'ailleurs confié la traduction du 2e Livre du maître « karaté do kyohan », où, pour la deuxième fois, la main chinoise est devenu la voie de la main vide, les idéogrammes japonais "chinois" et "vide" ayant la même prononciation. Il s'agit certainement du meilleur livre du maître, le plus complet, fruit de nombreuses recherches où il livra la version définitive de sa voie de la main vide) qui prône un karaté proche de Funakoshi père.

Ce courant également appelé Shotokan Ohshima est représenté en France depuis 1964 par l’organisation France Shotokan. Un autre Shotokan important est celui de [Taïji Kase](1929-2004), car même si ce dernier a été rattaché à la JKA et a entraîné de grands champions et malgré certaines positions identiques au fils Yoshitaka, notamment le kiba-dachi très large (dur pour les genoux), il a fini par développer dans un esprit traditionnel son propre style représenté en France entre autres par l’organisation IEKS (Institut d'Enseignement du Karaté Do Shotokan Ryu Kase Ha).

Le shotokan de Hirokazu Kanazawa est actuellement un des héritages les plus marquants de l'histoire du karaté dont le style est teinté de tai-chi-chuan que le maître a parallèlement étudié.

 

 

Biographie de

Maître Gichin  Funakoshi

Né en 1868,  Gichin  Funakoshi vécut dans le district de Yamakawa-Chô sur l'Île d'Okinawa. L'ère Meiji débutait, l'homme était alors très cultivé et de surcroît poète. Sensible au code moral de ses ancêtres il observait rigoureusement les interdits d'autrefois, et considérait au vu de ces principes que le Samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une image impeccable.

À l'âge de 11 ans, il s'était déjà fait un nom dans le style d'art martial. Commençant sa formation, il ne mit pas longtemps à égaler son maître en habileté, et à partager avec lui le sentiment d'être « l'artiste martial le plus accompli » dans le domaine. Il apprit également le karate-jutsu (signifiant « l'art martial de la main chinoise »). Ses professeurs furent impressionnés par sa noblesse de caractère.

Le Maître Funakoshi est considéré, au Japon, comme le fondateur du karaté moderne.

Comme au cours de ses années il a poursuivi sa formation et a continuellement développé ses remarquables qualités. Maître Funakoshi est devenu Chairman de la Okinawa Martial Arts Society aussi bien qu'un instructeur à l'école de professeur d'Okinawa. Alors en 1922, à l'âge de 54 ans, il présenta le karaté-jutsu (« l'art martial de la main chinoise ») à Okinawa au premier ministère de l'éducation. Cette présentation, la première démonstration publique du karaté-jutsu au Japon, eut un succès incroyable. Et l'artiste martial précédemment inconnu Funakoshi Gichin est, en un instant, devenu célèbre dans tout le monde des arts martiaux japonais.

En 1929, il change le nom de karaté-jutsu en karaté-do (« la voie du karaté » ou « la voie de la main vide »). Il a ensuite défini les Vingt Préceptes du Karaté et établi une grande philosophie de cet art martial.

Maître Funakoshi mourut, en 1957, à l'âge de 89 ans. Un grand mémorial public a été tenu à Ryogoku Kokugikan (Ryogoku National Sumo Hall), occupé par plus de 20 000 personnes venues témoigner leur respect.

Un monument commémoratif pour Maître Funakoshi a été construit à Enkakuji Temple dans Kamakura.